Maman, tu m’épluche ma banane ? …Mais je ne voulais pas que tu l’épluches comme ça !

Dans la partie une de ce sujet, nous évoquions la réalité d’une société uniquement conçue autour de la productivité, ne laissant que peu de place à la famille et dans laquelle nous devons mettre à profit les miettes de temps et d’énergie qu’il nous reste pour construire des individus équilibrés, prêts à vivre une vie heureuse en toute autonomie.

C’est selon ce point de vue que nous avons apporté une première réponse à la question “pourquoi nos enfants sont-ils chiants ?”

Dans cette deuxième partie, nous souhaitions apporter une réponse un peu moins philosophique, un peu moins empathique et un peu moins culpabilisatrice pour nous, les parents.

Parce qu’il existe également une autre réalité qui compte. Celle de notre ressenti. La réalité du moment où l’on souffle, joues gonflées, levant les yeux au ciel, avec cette furieuse envie de les malaxer comme une balle antistress, après des heures de sainte patience à supporter cris, disputes, rattrapages de bêtises, nettoyages d’accidents, et ce dans le meilleur des cas lorsque le chien ne s’en mêle pas.

Ils n’ont pas la solution et expriment par un agacement communicatif qu’ils ont un problème insoluble

Oui. Nos enfants savent être chiants d’initiative.

Certes, l’immaturité de leurs cerveaux est indéniable. De même leur besoin de prouver leur autonomie.

Également valable l’argument selon lequel ils s’étaient imaginé un scénario, une histoire, une séquence et lorsque survient l’issue et que celle-ci ne leur convient pas, la frustration est telle que nous en sommes la cible, l’exutoire.

Pendant ce moment où l’on ressent qu’ils sont chiants, ils expriment un problème. Ils n’ont pas la solution et expriment par un agacement communicatif qu’ils ont un problème insoluble. Et ce problème peut venir du frère, de la sœur ou d’une demande qu’ils nous ont faite et à laquelle nous n’avons pas répondu de manière satisfaisante :  « je ne voulais pas que tu m’épluches ma banane comme ça ! » Et c’est terminé, la banane est épluchée, il n’y a pas moyen de revenir en arrière, de la “déséplucher” pour recommencer comme ils le souhaitent.

Les explications n’y font souvent rien, la frustration est là pour plusieurs minutes et cet agacement communicatif nous fait vibrer de la mauvaise manière. Il nous transmet un problème et comme nous avons déjà beaucoup de choses à gérer et que nous ne souhaitons pas en avoir plus, le surplus est tout simplement chiant.

Et puis cinq minutes plus tard, la frustration est passée et ils ont déjà oublié. Quant à nous, nous avons pris cela et l’avons placé au passif de la journée.

Sans que cela soit facile à faire, mieux vaut essayer de surfer sur la vague que de la prendre de plein fouet en espérant la stopper.

Parce que déjà testé (et ça ne fonctionne pas tout le temps) , prendre le contrepied en ignorant son énervement, quelle qu’en soit l’intensité peut être une solution :

  • Le câlin, un peu forcé du coup, parce qu’énervé, l’enfant ne veut pas d’un câlin c’est évident ; mais cela indique la volonté d’essuyer le problème, d’apporter de la douceur ou du rire dans ce moment de tension.

    Le plus vers le moins, les pôles inverses des aimants, chaque contraire apporte de la complémentarité. 

    Donc apporter du positif, de la détente dans un moment de tension permet de rééquilibrer l’humeur.

  • Si votre enfant résiste au premier abord, votre rire, sourire, chatouille, câlin, va apporter une détente dans sa colère et à un moment il va lâcher prise et le moment de tension va s’effacer plus facilement. (surtout si vous lui donnez une autre banane toute neuve pas épluchée pour recommencer… vous avalerez la première banane et c’est tout. Sacrifice ! )

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