Nos enfants sont-ils vraiment chiants ou est-ce notre perception de parents fatigués et enchaînés à un quotidien surdimensionné ?

C’est ainsi depuis la nuit des temps, nous devenons des parents professionnels en quelques minutes seulement. Un passage éclair de l’imaginaire de ce qu’est d’être un parent à la réalité immédiate qui succède au premier accouchement.

L’enseignement pour devenir parent n’existe pas et les seules orientations proviennent des conseils et expériences de nos propres parents, des amis et des personnels de santé, pendant les neuf mois qui précèdent l’arrivée du ou des bébés.

On repart donc avec notre idée de la parentalité sous le bras, chacun la sienne, puis on entre dans les magasins pour choisir peinture, papier peint, lit à barreaux, cododo et poubelle anti odeurs en donnant à chaque article, la plus haute priorité dans l’échelle des choses indispensables à acheter, des fois qu’elles nous manqueraient.

Nous voilà donc parents.

Mais le bébé et le matos ne font pas les parents. C’est comme si le couteau faisait le cuisinier et l’appareil photo, le photographe.

Être parents, c’est devenir pilote d’un avion commercial, sans licence, sans manuel de vol et sans boussole.

C’est quand le problème survient qu’on cherche le mode d’emploi. C’est quand on se rend compte que la route est mauvaise que l’on change de cap (quand on s’en rend compte).

Et l’on a pas encore compris comment tourner à droite et à gauche qu’il faut déjà se détourner de ses priorités pour retourner au travail. Mais y a-t-il un pilote dans l’avion ?

À cela s’ajoutent les conseils et récits des collègues, positifs ou alarmistes, des amis des amis, du scroll infini sur les réseaux sociaux où tous ces parents parfaits déballent leur perfection familiale, souvent fake.

Notre perception biaisée par la fatigue, le manque de temps, l’impatience de la fin d’une journée à tout gérer

Alors nos enfants sont-ils vraiment chiants ? 

Ou est-ce là notre perception biaisée par la fatigue, le manque de temps, l’impatience de la fin d’une journée à tout gérer, tout assumer et où toutes les responsabilités reposent sur nous ?

Nos enfants sont-ils vraiment chiants ?

Ou est ce parce que le temps qu’il nous reste à accorder à leurs besoins est trop court ?

Que le temps qu’ils demandent à la compréhension des choses, au manque d’outils pour communiquer, à l’absence de capacité de leur cerveau en construction à comprendre les émotions, est trop important et nous demande trop d’effort pédagogique ?

Pour peu que l’on soit pourvu nativement de qualités pédagogiques !

Notre civilisation nous demande tout, notre force et notre temps.

Notre civilisation nous demande tout. Notre force et notre temps. Elle nous demande tout et promet une construction sociale honnête pour le déroulement de nos vies. Promesse en partie tenue, parfois et pas partout sur le globe.

Elle oublie que la vie est une chose naturelle et que la nature demande du temps. Sans ce temps nécessaire, la croissance ne peut se faire qu’en dépit du bon sens.

Pour germer, pousser, devenir belle et solide, une graine à besoin d’un cycle complet, de froid, de chaleur et d’eau. Certes l’on peut forcer les cultures mais le temps donne de bien meilleurs résultats.

Lorsqu’ils sont chiants, prenons une respiration pour aérer la tête et en même temps posons nous la question : De quoi ont-ils besoin ? Et puis, demandons leur franchement.

Si la réponse n’est pas claire, quand réponse il y a, nous saisirons quand même un bout du principal, instinctivement et parce que c’est dans notre nature et nous proposerons une alternative à la situation. Pour détourner l’attention sur autre chose, éteindre l’inquiétude, réconforter ou simplement être là assis à côté à ne rien faire.

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